Histoire de Mackenheim
Découvrez l'histoire riche et fascinante de notre village, des origines médiévales jusqu'à nos jours.
Découvrez l'histoire riche et fascinante de notre village, des origines médiévales jusqu'à nos jours.
Mackenheim possède un riche passé qui se déploie sur plusieurs grandes périodes, depuis ses origines médiévales jusqu’à son développement contemporain, entre influences françaises et allemandes.

Puits du 8ème siècle découvert lors de fouilles archéologiques menées en 2000.
De récentes fouilles ont révélé les traces du village primitif, proche du cimetière, avec la découverte d'un puits, de fonds de cabanes (celle d'un tisserand) et de diverses céramiques. La datation des éléments trouvés permet d’établir que ce village primitif s’est implanté vers le 8ème siècle.
En l'an 1000, le nom du village apparaît pour la première fois dans un document de l'abbaye de Honcourt qui y possède des terres, confirmé vers 1167 dans un acte signé dela main de l'empereur Frédéric Barberousse.

Armoirie des Sieurs de Flachslanden
Au XIIème siècle, la première église de Mackenheim est construite à l'emplacement où se trouve aujourd'hui le cimetière et la chapelle dont il ne subsiste plus que le chœur et la base du clocher.
Rodolphe de Habsbourg, personnalité la plus marquante du moyen-âge qui résidait au château de Limberg, cède une partie de la forêt de Mackenheim à l'Abbaye de Pairis comme le révèle un document de 1235 qui porte son sceau et sa signature. En 1375, le village est détruit par le feu à la suite d'un conflit opposant le duc Léopold III d'Autriche et Enguerrand VII de Coucy.
Durant le Moyen Âge et jusqu'en 1693, le village est partagé en deux : Obermackenheim, la partie sud du village appartient à l'abbaye Saint-Étienne de Strasbourg et la partie Nord, Untermackenheim à l'évêché de Strasbourg. La réunion des deux parties se fera en 1693 par le rachat de l’Unterdorf par les sieurs de Flachsladen pour une somme de 3000 florins.
À cette époque, les Flachsladen possédaient un château à Mackenheim qui leur servait de résidence d’été car leur résidence officielle était Saverne. Aujourd’hui, il n’en demeure qu’un lieu-dit, le « Schlossgarten » à la périphérie du village.

Eglise primitive du village
Vers 1622, les troupes du colonel Hans Michael Elias von Obentraut engagent une bataille à Mackenheim contre les soldats à la solde du duc Léopold d'Autriche. Ils mettent le village à feu et à sang.
C’est aussi à cette époque que la peste fait des ravages dans le village et décime la population. L'église qui avait été fortement endommagée durant ces conflits est restaurée vers 1624. La même année l'évêque de Strasbourg, Gabriel Haung, consacre deux nouvelles cloches à l'église paroissiale.

Croix votive en souvenir de la chapelle construite par Andras Heinrich
La commune met en place en 1790 une garde nationale constituée de 40 volontaires pour défendre les acquis de la Révolution. Durant cette période, l'église est dévastée, ses biens vendus aux enchères. Les cloches, précipitées du haut de la tour en 1793, sont acheminées vers Strasbourg pour être fondues et servir à la fabrication de canons. Une chapelle votive construite par le prévôt Andreas Heinrich en 1616 à la sortie Nord du village, a été déconstruite sur ordre du commissaire Stamm, les pierres de grès vendues aux enchères.
En 1789, le dernier des Flachslanden, Antoine de Flachslanden, en tant que député d’Alsace, tenta de défendre le clergé et la monarchie. Mais il fut contraint à l’exil. Il mourut en Bavière en 1825.
Vers 1799, l'église qui avait subi des dégâts au cours de la Révolution est restaurée. Un nouvel orgue est acheté à la commanderie Saint-Jean de Sélestat pour la somme de 90 francs.

Borne commémorative de l’inondation de 1852
Durant le 19ème siècle, de grand édifices ont vu le jour à Mackenheim : la nouvelle église au cœur du village de style néo-gothique, achevée en 1866 et la synagogue terminée en 1867. Ils témoignent d’une forte présence juive (131 israélites en 1866) et d'une communauté catholique de 960 âmes. Auparavant, en 1846, c’est une nouvelle école des filles qui fut construite avec, à l'étage, la salle du conseil municipal. Trois bâtiments conçus par le même architecte, Antoine Ringeisen. C’est également l’époque de la construction du canal du Rhône au Rhin qui fut inauguré en 1834 et la création de la ligne de chemin de fer reliant Marckolsheim à Strasbourg vers 1880.
Et c’est en 1892, dans une Alsace annexée par l’empire allemand, que l’actuelle Mairie-Ecole a été construite dans ce style wilhelmien qui produit des bâtiments affirmés et lisible.
Mais le 19ème siècle a également été marqué par des pages sombres et dramatiques. A l’instar de ce 31 décembre 1801, où le village est dévasté par de fortes crues du Rhin. Deux victimes sont à déplorer, et 32 maisons sont emportées parles inondations, 77 gravement endommagées. D'autres inondations dues aux crues du Rhin, ont également marquées l'histoire du village. Celle du 19 septembre 1852 à la suite d'une rupture de digue du Rhin qui a détruit 19 maisons. À la suite de cette catastrophe, un nouveau quartier a vu le jour avec la construction de 14 maisons, les« Wasserhiesla » financées par des souscriptions, des dons et un crédit extraordinaire du Prince Président Louis-Napoléon Bonaparte. Ce quartier s'appelle aujourd'hui "Quartier Napoléon".

Monument aux morts avec les victimes des deux guerres
Après la défaite française de 1871, Mackenheim et toute l’Alsace furent annexés par l'Empire allemand. A l’école, l’allemand devient la langue d’enseignement. Quand éclate la première guerre mondiale, de nombreux jeunes gens du village sont enrôlés dans l’armée allemande. Cette situation les place dans une position déchirante : enrôlés dans l’armée allemande, ils combattent souvent contre leurs anciens compatriotes français. La guerre les entraîne jusqu’aux tranchées de l’Est, sur le front russe, dans les Carpates ou en Galicie. Ce conflit a coûté la vie à 19 hommes du village.
Après la 1ère guerre mondiale, le village redevient français en 1918, avant d'être à nouveau annexé par l'Allemagne nazie entre 1939 et 1945. Par ordonnance du 20 août 1942, les jeunes Alsaciens furent contraints d'effectuer leur service militaire dans l'armée allemande. 103 000 Alsaciens, les « malgré-nous », se retrouvèrent incorporés de force, la plupart d’entre eux envoyés sur le front russe. Notre village déplore la perte de 20 hommes mais aussi de victimes civiles.
Les bombardements de juin 1940 sur le secteur de Marckolsheim provoquent la destruction de nombreuses maisons et fermes du village. Un certain nombre d’entre-elles seront reconstruites par l’administration allemande sur le modèle des fermes paysannes appelées « Erbhöffe », à l’instar de celles de la cité paysanne de Marckolsheim. L’objectif étant d’optimiser et d’améliorer les rendements agricoles dans le cadre du programme de reconstruction de l’ « Ordre Nouveau ».
Mais ce qui a marqué cette période de guerre, c’est l’évacuation de la population de Mackenheim et de toutes les localités jouxtant la frontière vers la Dordogne, en septembre 1939. Les habitants du village restèrent une année entière à Saint-Cyprien, la plupart hébergés chez l’habitant.
Par le jumelage conclu en 1993, Mackenheim et Saint-Cyprien ont voulu consolider et développer les liens historiques qui se sont noués en 39. Il permet de préserver, au travers d’échanges réguliers, des liens de solidarité et d’amitié. Pour ce faire, les comités de jumelage de Mackenheim et de Saint-Cyprien organisent des rencontres tous les deux ans.

Ecluse et centrale hydroélectrique de Marckolsheim construites en 1960
L’après-guerre a été marqué par l’essor de l’agriculture qui se modernise mais aussi par l’implantation d’unités industrielles le long du Rhin qui salarient de nombreuses personnes du village. Dans les années 60, c’est la construction du Canal d’Alsace et l’installation d’une usine hydroélectrique à Marckolsheim qui transforme l’environnement proche et en particulier les écosystèmes de la forêt alluviale duRhin. C’est à cette époque que la protection des milieux naturels est devenue un enjeu majeur pour le village.
Aujourd’hui, ces espaces forestiers sont protégés et constituent un des derniers réservoirs de biodiversité de la bande rhénane. Cette attention portée à la défense de l’environnement s’est récemment concrétisée par l’obtention du label « Commune Nature ».
Quant à l’évolution de la commune dans sa dimension urbaine, celle-ci s’est surtout traduite par un renouvellement global de la voirie etde l’éclairage public mais aussi par la rénovation des bâtiments publics qui répondent aujourd’hui aux besoins des habitants. De nouveaux quartiers ont vu le jour, en 2005 au lieu-dit Neumatt, en 2017 Hinter den Gaerten, et plusieurs projets d’extension sont aujourd’hui à l’étude.
Bientôt, un nouvel espace d’accueil et d’animation sortira de terre sur le site de l’étang de pêche, une salle multifonctions qui pourra accueillir 200 personnes.